Melody & Lylee Horn

Melody & Lylee Horn

Les soeurs Horn connaissent du succès côte à côte en soccer

Pour Melody et Lylee Horn, la partie la plus agréable de leur succès sur le terrain de soccer est d’avoir vécu tous les bons et les moins bons moments ensemble.

Meilleures amies et coéquipières, les sœurs de 18 et 17 ans originaires de Châteauguay, au Québec, partagent depuis 13 ans les pratiques, tournois et championnats, et disent qu’elles sont l’inspiration l’une de l’autre.

« C’est la meilleure chose qui pouvait arriver parce qu’au soccer, vos coéquipiers sont comme une famille, et c’est un sentiment encore plus profond quand votre sœur ou votre frère est à vos côtés, a dit Lylee, qui est la plus jeune du duo. C’est toujours rassurant de savoir que quelqu’un est là pour nous, surtout dans les moments difficiles. »

Parmi leurs plus grandes réalisations, elles ont remporté une médaille d’argent lors des Jeux du Québec de 2012, le bronze aux Jeux autochtones de l’Amérique du Nord de 2014 (JAAN) à Regina, et elles s’entendent pour dire que le plus beau moment de leur carrière jusqu’ici fut de se rendre au Brésil en 2015 pour les premiers Jeux mondiaux des peuples autochtones, là où elles ont remporté les grands honneurs.

« C’était incroyable de voir tous les différents peuples autochtones du monde entier, a déclaré l’aînée, Melody. Ça nous a ouvert les yeux d’interagir avec eux, de voir leur mode de vie et d’entendre leurs histoires. Revenir de cet événement avec une médaille d’or était tout simplement fou. »

Inspirées par leurs amis à l’école, les soeurs ont commencé à jouer au soccer à la maternelle et, au fil des années, leur passion pour ce sport est devenue de plus en plus forte.

« Le soccer semblait être le sport que tout le monde pratiquait, se souvient Lylee. Je me souviens du jour où ma soeur est rentrée de l’école à cinq et six ans et a dit: Maman, papa, nous voulons jouer au soccer comme tout le monde.

« Avec les années, d’autres enfants ont commencé à développer d’autres intérêts, mais le soccer est quelque chose que nous avons toujours aimé faire. »

Ayant des racines autochtones à Kahnawake, au Québec, les sœurs Horn disent que le plus gros obstacle qu’elles ont rencontré au cours de leur carrière sportive est le racisme occasionnel d’autres athlètes.

« Ma sœur et moi, toute notre vie nous avons vécu et joué au soccer à l’extérieur de la réserve et nous sommes habituellement les seules Autochtones sur le terrain, a dit Melody. Il y a eu des occasions où d’autres joueuses ont utilisé des mots racistes vulgaires à notre égard pour essayer de nous faire sentir que nous n’étions pas à notre place. »

Elles disent que leurs parents, qui étaient également des athlètes, ont connu des défis similaires et les ont encouragées à adopter une approche diplomatique pour faire face au conflit, dans l’espoir que leur persévérance et leur succès sur le terrain contribueraient à dissiper l’ignorance raciale.

« Je me suis fait traiter de ‘sauvage’ par des joueuses d’équipes adverses et, une fois, par quelqu’un de ma propre équipe, a dit Lylee. Ça avait l’habitude de m’affecter, jusqu’à ce que j’apprenne à ignorer les propos négatifs d’une minorité de personnes, parce que cela ne m’empêchera pas de jouer au soccer ou d’être fière de mes origines. »

Évoluant aujourd’hui pour l’équipe AA des Notre-Dame de Grâce Panthers dans la catégorie des moins de 21 ans, Lylee a terminé ses études secondaires l’année dernière et entreprendra maintenant un programme de carrière de trois ans, après quoi elle espère aller à l’université, de préférence à Syracuse, McGill ou Concordia.

Melody, qui évolue toujours au sein de la même équipe que sa sœur, a donné naissance à son premier enfant en décembre dernier, une fille prénommée Aeva. Avec l’aide de son amoureux et de sa famille, y compris la nouvelle tante Lylee, elle a pu élever la nouvelle venue dans sa vie tout en continuant à s’entraîner et à poursuivre ses rêves sportifs.

« Mon objectif dans le sport est d’aller aussi loin que possible en tant qu’athlète et, le temps venu, d’initier ma fille au sport, a déclaré la nouvelle maman. J’espère qu’elle verra à quel point je suis une bonne athlète et que cela l’inspirera à faire du sport. Je vais lui parler de la négativité qu’elle pourrait rencontrer sur le chemin du succès et, espérons-le, elle deviendra peut-être une grande athlète un jour. »

Les sœurs se retrouveront côte à côte encore une fois cet été alors qu’elles représenteront le Québec aux JAAN 2017 de Toronto.

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