Mekwan Tulpin

Mekwan Tulpin

L’étoile de crosse Mekwan Tulpin trouve sa force dans la diversité

Pour l’étoile de crosse Mekwan Tulpin, le sport s’est avéré un pont entre les deux cultures distinctes qui forment son identité multiethnique.

Fière d’être à moitié cri Mushkegowuk et à moitié Belge, elle dit avoir été déconnectée des deux cultures pendant son enfance dans le sud de l’Ontario, alors qu’elle ne parlait guère la langue de sa mère, la langue crie, et qu’un océan la séparait de la patrie européenne de son père. C’est grâce au sport qu’elle a redécouvert ses origines.

«Comme athlète à moitié cri, je voulais en savoir plus sur le côté autochtone du sport, a dit la femme de 29 ans qui a joué au basketball, au volleyball et au softball de façon compétitive avant de se mettre sérieusement au sport traditionnel autochtone à l’âge de 21 ans. Je travaillais comme instructeur du programme de crosse iroquois, ce qui m’a permis de mieux comprendre les Cris.

«Ensuite, j’ai eu l’opportunité de participer aux championnats européens de crosse en 2013, pendant lesquels j’ai eu la chance de jouer en Belgique. Je ne m’attendais jamais à me rendre dans le pays d’origine de mon père. Je voulais me rapprocher du côté autochtone du sport, mais cela m’a également rapproché de mes racines européennes.»

Elle crédite également le sport pour lui avoir fait découvrir les communautés culturellement riches qui l’entourent.

«J’ai l’occasion de voyager et de rencontrer des gens d’origines diverses et de vivre différentes expériences, a déclaré Tulpin. Cela m’a rendue fière d’être de descendance mixte.»

Évoluant à la position de milieu de terrain à la crosse, l’athlète de 29 ans a représenté à deux reprises l’équipe de l’Ontario en basketball aux Jeux autochtones de l’Amérique du Nord (JAAN), en 2002 et 2006. Au cours des dernières années, elle a travaillé avec les Jeux en tant qu’entraîneure de crosse et gestionnaire sportive.

Elle a également eu l’occasion d’écrire une page d’histoire en participant aux premiers championnats canadiens féminins de crosse en enclos en 2015 lorsque le niveau senior a été ajouté chez les dames – un changement qu’elle et son ex-coéquipière Becky Smith, décédée tragiquement en 2012, souhaitaient depuis longtemps.

«Il n’y avait que des catégories pour les plus jeunes, ce qui faisait en sorte que nos équipes féminines n’avaient pas la possibilité de continuer à jouer après l’âge junior, a déclaré Tulpin. C’est un rêve que je partageais avec Becky, qui est décédée avant que les championnats canadiens féminins senior ne voient le jour.

«Elle a joué un rôle essentiel dans mon développement et n’hésitait pas à prendre du temps pour s’entraîner avec moi. Je n’ai jamais pu partager ce rêve avec elle, mais le fait qu’il se soit finalement concrétisé signifiait beaucoup.»

Comptant désormais plusieurs années d’expérience, le rêve ultime de Tulpin se réalisera cet été, puisqu’elle représentera l’équipe nationale canadienne pour la première fois lors de la Coupe du monde féminine de crosse 2017 en Angleterre.

«J’ai toujours rêvé de faire partie d’une équipe nationale», a dit Tulpin. «Cela devient maintenant une réalité. »

Seule ombre au tableau, elle ne pourra être à Toronto pour voir les jeunes Autochtones de toute sa province natale, l’Ontario, prendre part aux JAAN 2017 de Toronto. Bien qu’elle n’y sera pas en personne, elle espère que son succès inspirera les jeunes à poursuivre leurs rêves et que les Jeux montreront au public nord-américain ce que les jeunes Autochtones ont à offrir.

«Mon souhait pour ces Jeux est que les gens voient à quel point les Autochtones sont dynamiques, confiants et formidables, a déclaré Tulpin. Les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord sont l’occasion de voir les nôtres dans cette position de force. Je pense que nous sommes souvent dépeints avec différents stéréotypes, mais il y a beaucoup de choses positives qui se passent. Le fait de montrer ces aspects plus positifs à la population en général aura un impact. »

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