Kawehnokwiio Bailey Thomas

Kawehnokwiio Bailey Thomas

La volleyeuse suit les traces de sa famille

On pourrait dire que pour la volleyeuse Kawehnokwiio Bailey Thomas a le sport dans le sang.

Avec de puissants modèles féminins comme sa mère, qui a nagé pour l’équipe junior canadienne, et sa grand-mère, qui a couru des marathons de façon compétitive, il n’est pas surprenant que Thomas ait trouvé sa passion dans l’arène sportive.

Ce sont ces femmes, qui ont également joué au volleyball au niveau compétitif et qui sont aujourd’hui entraîneures, qui a ont initié la jeune athlète de 18 ans à ce sport alors qu’elle n’avait que cinq ans. S’apprêtant maintenant à représenter la province de Québec aux Jeux autochtones de l’Amérique du Nord 2017 de Toronto (JAAN), Thomas pourra compter sur un visage familier pour lui montrer la voie à suivre – sa grand-mère Kahnastatsi Jacobs, entraîneure de longue date des JAAN.

« Ma grand-mère sera l’entraîneure de l’équipe de volleyball et ma mère sera l’entraîneure de l’équipe de natation aux JAAN, a noté Thomas. Maintenant que ma grand-mère est mon entraîneure, je pense que c’est un avantage pour moi, surtout depuis que je vis avec elle. Elle me soutient dans la vie de tous les jours et me motive à m’entraîner et à pratiquer tous les jours afin que je puisse faire de mon mieux sur le terrain. »

Thomas en sera à une deuxième participation aux JAAN, et à une deuxième participation en tant que capitaine après avoir occupé ce rôle avec l’équipe des moins de 16 ans aux Jeux de 2014 en Saskatchewan.

Pendant son enfance, l’adolescente a accompagné Jacobs lors de nombreuses compétitions des JAAN et c’est là que son rêve d’y prendre part un jour a pris forme. Thomas décrit sa première expérience aux Jeux il y a trois ans comme le point culminant de sa carrière sportive jusqu’ici.

« J’avais rêvé de participer au tournoi toute ma vie, alors quand j’ai finalement atteint mon objectif, c’était comme un rêve devenu réalité, a dit Thomas. Nous avons livré une bonne lutte lors du tournoi, mais en fin de compte, nous n’avons pas triomphé. C’était incroyable d’être entouré de tant d’athlètes autochtones et de rencontrer tant de gens fantastiques. »

Originaire de la Première nation des Mohawks d’Akwesasne, dont la réserve borde trois régions, y compris l’État de New York et le Québec, Thomas, qui excelle aussi au hockey, a également eu la chance d’évoluer pour des équipes ontariennes dans ce sport. C’est le côté de la famille de son père qui l’a initiée au hockey dans sa tendre enfance et elle se concentre depuis sur ce sport, car elle croit que ses chances d’obtenir une bourse postsecondaire seront meilleures qu’en volleyball.

Elle évolue actuellement pour l’Institut d’entraînement au hockey en Ontario et dit qu’il a été difficile de se retrouver dans un sport dominé par les hommes, où le volet féminin n’est pas toujours apprécié de la même manière. L’une de ses plus grandes frustrations est de voir les équipes masculines obtenir des plages horaires privilégiées pour leurs pratiques, forçant du coup les équipes féminines à pratiquer tard le soir.

Thomas a grandi en jouant au hockey avec des garçons et dit que le fait d’avoir été la seule fille de l’équipe a mené à beaucoup d’intimidation. Elle soupçonne que ce sont ses habiletés athlétiques qui intimidaient souvent les garçons et dit que sa capacité à surmonter leur négativité verbale et physique a fait d’elle l’athlète qu’elle est aujourd’hui.

« Quand je jouais dans l’équipe des garçons, ils me frappaient parfois parce que je les battais lors de courses sur la glace, a dit Thomas. Au début, cela m’a fait commencer à haïr le sport jusqu’à ce que je me rende compte qu’ils étaient simplement en colère parce que je m’améliorais plus vite qu’eux. J’ai commencé à m’inspirer de cette situation et à travailler plus fort. Cela m’a donné beaucoup de motivation pour atteindre un plus haut niveau dans le sport. »

Thomas obtiendra son diplôme de l’école secondaire cette année et a complété les rites de passage traditionnels pour les adolescents dans sa communauté autochtone. Elle a hâte d’entamer sa carrière sportive postsecondaire et souhaite étudier l’ingénierie et les affaires. Possédant un désir profond de redonner à sa communauté, elle prévoit suivre les traces de sa famille et devenir entraîneure de volleyball. Elle a récemment complété ses premiers camps d’entraînement de volleyball qui regroupaient plus de 30 enfants dans sa communauté.

« Ma mère et ma grand-mère m’ont aidé pour l’organisation, mais j’ai pratiquement dirigé les séances moi-même, a dit Thomas. Beaucoup d’enfants me considèrent comme un exemple en volleyball, alors je voulais m’assurer qu’ils aient l’opportunité d’apprendre à jouer. » 

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